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Aerer pssm : les étapes essentielles pour mieux gérer une situation de crise mentale

Aerer pssm : les étapes essentielles pour mieux gérer une situation de crise mentale

Aerer pssm : les étapes essentielles pour mieux gérer une situation de crise mentale

Une crise mentale peut prendre des formes très différentes. Une personne pleure sans parvenir à s’arrêter. Elle parle de mort. Elle fait une crise d’angoisse. Elle ne mange plus depuis plusieurs jours. Elle se met en danger. Elle semble absente, confuse ou complètement dépassée.

Dans ces moments-là, l’entourage ne sait pas toujours quoi faire. Faut-il poser des questions ? Appeler un médecin ? Rester silencieux ? Insister pour que la personne mange, dorme ou consulte ?

Les premiers secours en santé mentale, souvent appelés PSSM, donnent un cadre simple pour agir. Ils ne remplacent pas un professionnel. Ils permettent de ne pas rester paralysé face à une situation préoccupante.

Le principe est le suivant : approcher, écouter, rassurer et orienter. Dans une situation de danger immédiat, la priorité reste la sécurité et l’appel aux secours.

Que signifie PSSM ?

Les Premiers Secours en Santé Mentale sont une formation et une méthode destinées au grand public. Elles apprennent à reconnaître les signes d’une difficulté psychique, à adopter une attitude adaptée et à orienter vers les bons interlocuteurs.

Vous n’avez pas besoin d’être psychologue pour aider quelqu’un. Vous n’avez pas non plus besoin de trouver les bons mots à chaque instant. Votre rôle n’est pas de poser un diagnostic ni de « réparer » la personne.

Votre rôle consiste plutôt à :

Cette approche est particulièrement utile dans les troubles du comportement alimentaire. Une personne souffrant d’anorexie peut nier la gravité de la situation, refuser un repas, annuler un rendez-vous ou s’isoler. Cela ne signifie pas qu’elle ne souffre pas. Cela signifie souvent que la maladie prend beaucoup de place.

Approcher la personne avec calme

La première étape consiste à aller vers la personne. Ce geste paraît évident, mais il peut être difficile. Vous avez peur de déranger. Vous craignez sa réaction. Vous vous dites peut-être : « Elle sait que je suis là si elle a besoin. » Pourtant, lorsqu’une personne est en crise, elle ne demande pas toujours de l’aide.

Choisissez un moment relativement calme et un endroit où vous pouvez parler sans être interrompus. Évitez de lancer la conversation au milieu d’un conflit familial ou juste avant un repas particulièrement anxiogène.

Utilisez des phrases simples et concrètes :

Parlez de faits observables. Dire « tu es devenue bizarre » risque de provoquer une défense immédiate. Dire « tu ne viens plus aux repas et tu dors très peu » permet de partir d’éléments précis.

Dans le cas de l’anorexie, évitez d’aborder la discussion uniquement autour du poids ou de l’apparence. Une phrase comme « tu es trop maigre » peut être vécue comme une accusation ou comme une confirmation de la peur de grossir. Parlez plutôt de la fatigue, de l’isolement, des malaises ou des difficultés à manger.

Écouter sans juger

Écouter ne signifie pas rester silencieux en attendant de pouvoir répondre. Cela signifie essayer de comprendre ce que la personne vit, même si vous ne partagez pas son point de vue.

Vous pouvez poser des questions ouvertes :

Ne cherchez pas à contredire immédiatement. Si une personne dit : « Je ne mérite pas de manger », répondre « Mais non, c’est absurde » ne suffit pas. La pensée peut vous sembler illogique et être pourtant très réelle pour elle.

Vous pouvez dire : « Je comprends que cette peur soit très présente pour toi. Je ne la ressens pas comme toi, mais je vois qu’elle te fait souffrir. »

Cette réponse ne valide pas la maladie. Elle reconnaît la souffrance. C’est différent.

Évitez également les phrases qui minimisent :

Une crise mentale n’est pas un caprice. Une personne peut vouloir aller mieux et être incapable d’agir seule à cet instant.

Évaluer le niveau d’urgence

Après avoir établi le contact, il faut évaluer la sécurité. Cette étape est essentielle. Elle peut faire peur, mais poser directement une question sur les idées suicidaires ne provoque pas le passage à l’acte.

Vous pouvez demander :

Si la personne répond oui, restez calme. Ne promettez pas de garder le secret. Une phrase comme « je ne peux pas garder cela pour moi si ta vie est en danger, mais je vais rester avec toi pour chercher de l’aide » est plus honnête et plus protectrice.

Contactez rapidement les secours si la personne :

En France, appelez le 15 pour une urgence médicale ou le 112. Le 3114 est le numéro national de prévention du suicide, gratuit et disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Si parler au téléphone est impossible, le 114 peut être utilisé par SMS pour les personnes sourdes, malentendantes ou ne pouvant pas parler.

En cas d’urgence, ne laissez pas la personne seule. Éloignez, si possible sans confrontation, les objets ou produits dangereux. Ne conduisez pas vous-même une personne très confuse, inconsciente ou gravement affaiblie.

Rassurer sans faire de promesse

Rassurer ne consiste pas à dire : « Tout va bien aller » alors que la situation est grave. Cette phrase peut donner l’impression que vous ne mesurez pas ce que la personne traverse.

Une rassurance utile s’appuie sur une présence concrète :

Dans une crise d’angoisse, proposez un environnement calme. Parlez lentement. Évitez de multiplier les questions. Vous pouvez inviter la personne à poser les pieds au sol, à regarder autour d’elle et à respirer normalement. Ne forcez pas les exercices de respiration si cela augmente son malaise.

Dans le contexte de l’anorexie, rassurer ne signifie pas négocier chaque bouchée ni surveiller la personne en permanence. Les proches ont souvent tendance à entrer dans un bras de fer autour des repas. Cela épuise tout le monde et renforce parfois les tensions.

Vous pouvez plutôt dire : « Je vois que ce repas est très angoissant. Nous allons suivre les indications de ton équipe de soins. Je peux rester près de toi, mais je ne vais pas discuter du chiffre sur la balance. »

Encourager une aide professionnelle

Une crise peut révéler un problème installé depuis longtemps. Même si la personne semble aller mieux après quelques heures, une consultation peut rester nécessaire.

Proposez des actions concrètes. « Tu devrais consulter » est souvent trop vague. Aidez à prendre le rendez-vous, à chercher un médecin, à préparer les informations importantes ou à accompagner la personne dans la salle d’attente.

Vous pouvez commencer par :

Pour un trouble alimentaire, notez les éléments utiles : restriction des repas, vomissements, crises de boulimie, activité physique excessive, malaises, perte de poids, absence de règles, consommation de laxatifs ou isolement. Ces informations aident le professionnel à évaluer la situation.

Si la personne refuse catégoriquement toute aide, vous pouvez poser une limite claire : « Je respecte le fait que tu ne veuilles pas parler maintenant. En revanche, je ne peux pas faire comme si tout allait bien si tu fais des malaises et ne manges presque plus. »

Un adulte en danger reste responsable de ses décisions dans le cadre légal, mais un mineur ou une personne présentant un risque vital nécessite une mobilisation rapide de l’entourage et des professionnels.

Mobiliser d’autres soutiens

Vous ne devez pas porter seul la crise de quelqu’un. C’est une règle importante. Être présent ne signifie pas être disponible à toute heure, répondre à tous les messages ou devenir l’unique personne qui surveille les repas et les médicaments.

Avec l’accord de la personne, contactez un proche fiable, un professionnel de santé ou une association. Si sa sécurité est menacée, il peut être nécessaire d’alerter quelqu’un même si elle vous demande de ne rien dire.

Dans une famille, répartissez les tâches :

Cette organisation évite que toute l’attention se concentre sur la maladie. La personne reste une personne, pas seulement « l’anorexique », « la dépressive » ou « celle qui fait des crises ».

Après la crise : rester attentif

Le retour au calme ne signifie pas que le problème est réglé. Après une crise, la personne peut ressentir de la honte, de la fatigue ou l’envie de faire comme si rien ne s’était passé.

Le lendemain, reprenez contact simplement : « Comment te sens-tu aujourd’hui ? » Vous pouvez revenir sur ce qui s’est passé sans lui faire la morale. Demandez ce qui l’a aidée et ce qui pourrait être prévu la prochaine fois.

Préparez un plan simple :

Ce plan doit rester accessible. En pleine crise, on ne veut pas chercher pendant vingt minutes le numéro du centre de soins ou le nom du médecin.

Et vous, comment tenir dans la durée ?

Aider quelqu’un en souffrance peut provoquer de l’impuissance, de la colère et de la culpabilité. Vous pouvez aimer profondément cette personne et ne pas réussir à la convaincre de se soigner. Ces deux réalités peuvent exister en même temps.

Demandez vous aussi du soutien. Parlez à un professionnel, à un groupe de proches ou à une association spécialisée. Dormez, mangez, sortez, gardez des activités qui ne concernent pas la maladie. Ce n’est pas de l’égoïsme. C’est ce qui vous permet de rester fiable sans vous épuiser.

Les PSSM ne donnent pas une solution miracle. Elles offrent un repère dans un moment où tout semble confus : aller vers l’autre, écouter, vérifier la sécurité, orienter et ne pas rester seul. Parfois, aider commence simplement par une phrase précise : « Je vois que tu souffres. Je ne vais pas te laisser gérer cela sans soutien. »

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