Anorexique

Ressources outils pour suivre ses émotions et pensées liées à la nourriture dans le cadre de l’anorexie

Ressources outils pour suivre ses émotions et pensées liées à la nourriture dans le cadre de l’anorexie

Ressources outils pour suivre ses émotions et pensées liées à la nourriture dans le cadre de l’anorexie

Suivre ce que tu manges, tu connais. Calories, grammes, horaires… Ton cerveau sait faire. Trop bien, même.

Suivre ce que tu ressens et ce que tu penses autour de la nourriture, c’est autre chose. C’est flou, ça bouge tout le temps, ce n’est pas « mesurable » comme un chiffre sur la balance. Et pourtant, dans le cadre de l’anorexie, c’est souvent là que tout se joue.

Dans cet article, je te propose des outils concrets pour suivre tes émotions et tes pensées liées à la nourriture. Pas pour te contrôler encore plus. Mais pour mieux te comprendre, mettre de l’ordre dans le chaos, et t’aider à travailler avec ton thérapeute, ton médecin, ta diététicienne.

Pourquoi suivre ses émotions et pensées autour des repas

Quand tu as de l’anorexie, manger (ou ne pas manger) n’est jamais « juste » manger. Derrière une bouchée refusée ou un yaourt « allégé » choisi au supermarché, il y a souvent :

Si tu ne suis que l’alimentation (ce que tu as mangé, en quelle quantité), tu passes à côté du moteur de la maladie : ce qui se passe dans ta tête et dans ton corps avant, pendant et après.

Suivre émotions et pensées sert à :

Ce suivi, ce n’est pas une énième fiche de contrôle. C’est un miroir plus fidèle que ce que te raconte l’anorexie.

Ce que tu peux suivre concrètement (sans te perdre dans les détails)

Tu n’as pas besoin de tout noter tout le temps. Trop de suivi peut devenir une nouvelle obsession. L’idée est de cadrer un minimum d’informations utiles.

Quelques axes simples que tu peux suivre :

Tu peux déjà faire un travail énorme avec seulement ça. Le but n’est pas de remplir des tableaux parfaits, mais d’attraper quelques moments-clés dans ta journée.

Outils papier : carnet, fiches, tableaux simples

Le support le plus simple et le plus accessible, c’est encore le papier. Un cahier, un classeur, même un bloc-notes.

1. Le carnet « repas & émotions »

Tu peux te préparer une page type à recopier chaque jour, avec des rubriques fixes :

Tu peux limiter à 2 ou 3 moments par jour, par exemple les plus difficiles, pour ne pas passer ta journée à écrire.

2. La fiche « situation à haute tension »

Pour une situation qui revient souvent (repas de famille du dimanche, déjeuner à la cantine, restaurant avec des amis…), tu peux créer une fiche spécifique :

Cette fiche est très utile à retravailler ensuite en thérapie, par exemple en TCC (thérapie cognitivo-comportementale).

3. Le tableau d’humeur et de restrictions

Si tu as du mal à décrire tes émotions, tu peux commencer plus simple :

Ce genre de tableau aide à voir des liens très concrets, par exemple : « chaque fois que j’ai une mauvaise note ou une remarque au travail, ma restriction augmente le lendemain ».

Outils numériques : applications, notes, tableaux en ligne

Si tu es plus à l’aise avec ton téléphone que avec un cahier, tu peux utiliser des outils numériques. Attention toutefois : le but n’est pas de rajouter une appli de contrôle de plus.

1. Les applications de journal intime / humeur

Il existe des applis pour suivre son humeur et ses pensées, sans parler spécifiquement de nourriture. Par exemple :

Tu peux détourner ces applis pour :

2. Les notes rapides sur téléphone

Si tu n’aimes pas remplir des cases, la fonction « notes » de ton téléphone peut suffire. Par exemple :

C’est parfois plus simple à montrer ensuite à ton thérapeute qu’un carnet entier.

3. Les tableaux en ligne (type Google Sheets)

Si tu aimes les choses structurées, tu peux créer un tableau très simple avec :

L’avantage : tu peux le partager facilement avec un(e) professionnel·le qui t’accompagne, et le remplir rapidement depuis ton téléphone.

Comment utiliser ces outils sans nourrir l’obsession

Le risque, avec ce genre de suivi, c’est de tomber dans le « toujours plus » : tout noter, tout analyser, passer son temps à se scruter au lieu de vivre.

Pour éviter ça, quelques règles de base :

Exemples concrets de fiches remplies

Voici deux exemples (simplifiés) pour que tu visualises mieux.

Exemple 1 : déjeuner à la fac

À partir de ça, en séance, on peut travailler :

Exemple 2 : dîner en famille du dimanche

Là, on voit bien comment la restriction sert aussi à exprimer la colère, le besoin de contrôle, le sentiment de ne pas être entendu·e. Le suivi permet de mettre ces mécanismes en lumière, sans les juger, mais sans les minimiser non plus.

Adapter l’outil à ton niveau d’énergie et d’avancement

Tu n’as pas besoin, ni intérêt, à utiliser tous les outils en même temps. Selon où tu en es dans ton parcours, tu peux ajuster.

Si tu es en phase aiguë (hospitalisation, poids très bas, grande fatigue)

Si tu es en début de soin ambulatoire

Si tu es plus avancé·e dans la thérapie

L’important, c’est que l’outil reste au service de ta progression, pas de la maladie. Si tu sens que tu deviens obsédé·e par les fiches, que tu culpabilises dès que tu oublies de noter, c’est un signal : l’outil doit être allégé, modifié, ou mis en pause avec l’aide de ton thérapeute.

Utiliser ces ressources avec ton thérapeute, ton médecin, ta diététicienne

Ces outils prennent tout leur sens quand ils ne restent pas enfermés dans ton carnet ou ton téléphone.

Tu peux :

Avec un·e psychologue ou un·e psychiatre, tu vas souvent travailler sur :

Avec un·e diététicien·ne spécialisé·e dans les TCA, le suivi peut aider à :

Avec un·e médecin, il permet parfois de :

Prendre des notes, suivre ce que tu vis, ce n’est pas « dramatique » ou « en faire trop ». C’est une manière de dire : « ça compte, ce que je ressens ». Et c’est une base solide pour avancer, un petit pas après l’autre, vers une relation à la nourriture et à ton corps un peu moins violente, un peu plus vivable.

Quitter la version mobile